Hommage à l’insignifiance apparente du thym sauvage

Au dessus du hameau de Veaux, le thym sauvage prend racine dans de petites clairières bordées de chênes verts et de genévriers.

Séché par l’ardent soleil de Provence, il semble mort sur pied. Il garde pourtant un arôme puissant qui se dépose au creux de la main qui le presse, ravivant le souvenir des ratatouilles de l’été finissant et promettant de bonnes tisanes pour l’hiver qui approche.

Son tronc tortueux naît gracieusement du sol ocre parfois tapis de mousse. L’élan de la vie est habilement souligné dans ce mouvement figé, comme statufié, tendu vers le ciel.

Ses minuscules feuilles – d’un beau vert argenté – s’agencent en calices harmonieux et réguliers.

Cet aromate que l’on foule négligemment au pied, possède une architecture élégante et inspirante; quoique miniature et donc invisible à qui ne se penche pas dessus avec attention.

Les calices élégants du thym sont propices aux explorations graphiques.

 

Escale à Combovin pour la nuit

Combovin est comme l’amour en cage. Retranchée derrière ses montagnes et ses grilles de fer forgé, elle ressemble à un fruit mûr qui s’offre généreusement à ceux qui se donnent la peine de lui rendre visite.

 

Combovin la douce.

Protégée des abords agités du Rhône par les petites montagnes de la Raye, Combovin se love au creux d’un paisible vallon. La quiétude y endort les chats, adoucit le cœur de ses habitants et apaise celui de la voyageuse en quête de repos.

En marchant à travers les rues secrètes, je tente de deviner la vie cachée derrière chaque porte, chaque grille ouvragée. Un souvenir me guide : celui d’Anthony; doux adolescent rencontré à Valence, aussi affable que ce village qui est le sien.

Pour clore cette journée, je me délecte des fruits de la générosité : du pain offert par les bons amis avant mon départ, des mûres bien charnues et un physalis : présents trouvés dans cette ravissante combe.

 

Un petit matin ensorcelant

Sept heures du matin, dans le silence du Vercors. Venus des bois proches, baignés de bleu et de noir par le jeu de la lune à travers les résineux.

Les hurlements d’une meute de loups (qui étaient en fait…des chiens de traîneau :)).

Forte émotion d’entendre enfin ces cris tant de fois fantasmés, tant de fois imaginés; beaux et inquiétants.

Offrir sa voix au poète René Guy Cadou

En 2018, Jean me propose de joindre ma voix à la sienne pour faire entendre de la poésie sur les ondes de Radio Saint-Ferréol, à Crest.

En souvenir de cette belle collaboration, c’est l’Étrange Douceur, de René Guy Cadou, que je choisis de partager avec vous. Pourquoi ? Parce qu’on y sent toute l’intensité de l’été et notamment de ses nuits. Cette richesse que nous, dormeurs des porches bleus, campeurs intermittents ou impénitents, ressentons lors de chaque nuit passée dehors.

A lire donc, si vous le souhaitez, mais surtout …

… à écouter en cliquant ici.

 

Comme un oiseau dans la tête
Le sang s’est mis à chanter
Des fleurs naissent c’est peut-être
Que mon corps est enchanté

Que je suis lumière et feuilles
Le dormeur des porches bleus
L’églantine que l’on cueille
Les soirs de juin quand il pleut

Dans la chambre un ruisseau coule
Horloge aux cailloux d’argent
On entend le blé qui roule
Vers les meules du couchant

L’air est plein de pailles fraîches
De houblons et de sommeils
Dans le ciel un enfant pêche
Les ablettes du soleil

C’est le toit qui se soulève
Semant d’astres la maison
Je me penche sur tes lèvres
Premiers fruits de la saison.

Photo : souvenir d’un moment de repos en Haute-Loire

Pour écouter l’émission consacrée à René Guy Cadou en entier, c’est par-là.

Relier Bleu Russe, douce transgression

Relier un fanzine, ça ne se fait pas. Une reliure, en cuir de surcroît, c’est réservé aux livres précieux, durables. Pas aux petites autoéditions sur papier courant. Ça, c’est le discours officiel.

Mais quand j’ai eu le n°2 de Bleu Russe, j’ai eu envie de lui offrir une reliure, de m’associer au travail des créatrices.

J’ai eu envie de faire ce petit pas de côté qui donne un goût de douce transgression.

Reliure à plat rapporté, couture sur onglets de compensation, cuir noir, papier décoré main, tranchefile soie

 

J’ai presque retrouvé mes 4 ans

Déchirer, découper de travers, faire des taches de colle, des traces, écrire sur les pages de garde : se moquer des règles de la reliure, choisir la spontanéité plutôt que le soin. Mon filleul m’a envoyé un magnifique collage, j’ai voulu lui répondre comme si j’avais son âge. Face au cynisme ambiant…j’aimerais apporter une once d’impertinente légèreté.

Carnet de vol

C’est l’histoire d’une femme qui aime un pilote à la retraite et qui décide de lui demander sa main. Comme le veut la tradition, elle accompagne sa demande d’un présent : une reliure plein cuir rassemblant ses carnets de vols.

Il fallait également inclure le brevet dans l’ensemble et créer une pochette pour conserver les papiers volants qui accompagnaient les carnets.